Parce qu’il faut continuer

Nous y sommes. Voilà six mois jour pour jour que j’ai rencontré Alice. Six mois aussi qu’elle m’a été arrachée du ventre, des bras, des lèvres et des yeux. Mais pas du cœur. Sa place y est faite pour ma vie entière. Même si je souffre toujours de son absence, je suis en paix. J’ai tout simplement accepté. Tout simplement ? A la réflexion, pas vraiment. Ces six derniers mois n’ont en effet pas été simples. Loin de là. Je suis passée par tout un tas d’émotions, certaines des plus négatives – voire dévastatrices – d’autres plus positives. Bien sûr, mon souhait le plus cher serait qu’elle soit là, bien vivante. Mais je n’ai pas eu droit à mon happy end, pas cette fois-ci. Qu’à cela ne tienne. Alice a croisé ma route et son bref passage sur cette terre n’a pas été vain.

Il y a six mois, j’ai bien cru mourir quand j’ai su qu’elle naîtrait sans vie. Je pensais ne plus jamais pouvoir vivre un seul jour du reste de ma vie sans pleurer. Pendant de longues semaines, j’ai traversé des moments de tristesse infinie, de colère et de vide. J’ai bien failli me noyer sous le poids de la culpabilité quand j’ai appris qu’un souci de santé sans grande gravité pour moi avait causé sa mort. Mais avec un peu de recul, je peux dire aujourd’hui qu’Alice m’a rendue plus forte. Elle m’a permis de redécouvrir et de réapprendre à aimer la personne que je suis au plus profond. Elle m’a ouvert les yeux sur l’importance de l’amitié et sur la nécessité de l’entretenir pour que jamais elle ne se fane. Elle m’a redonné goût à la vie. Elle me fait me sentir plus vivante que jamais. Elle m’a réveillée. Elle m’a poussée à me surpasser physiquement. Depuis septembre, seulement deux mois après mon accouchement, chaque jeudi je prends ma raquette de tennis et partage un très bon moment sportif avec une équipe de sept super nanas qui ne connaissent rien de mon histoire et pour qui je suis juste moi et pas celle qui a perdu un bébé. Et moi qui suis loin d’être une aficionada de la course à pied, j’ai couru ma première course chronométrée dimanche dernier sur une distance de 7,9 km. Plusieurs de mes amis les plus proches ont aussi couru en mémoire d’Alice et je les en remercie du fond du cœur. Une de mes amies qui a également participé à la course mais sur une distance de 15 km est arrivée première femme et a dédié sa victoire à Alice. Une délicate attention qui m’a profondément touchée.

Il y a six mois, mon ciel était empli de nuages noirs. Aujourd’hui, lorsque la pluie s’y invite, elle glisse sur moi en entraînant mes larmes et laisse toujours sa place au plus beau des astres. Merci, mon bébé soleil, merci d’illuminer mon ciel et de m’aider à continuer de sourire.

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