Mon enfant d’un autre azur

Même si j’évite le plus possible de me demander quel âge aurait Alice aujourd’hui, de l’imaginer grandir ou de me dire que ma vie serait tout autre si elle avait été là, il m’est difficile en cette veille de Noël de ne pas penser qu’elle aurait dû être parmi nous. L’année dernière, c’est à cette période que nous avions décidé d’annoncer à nos familles et amis que nous allions être les parents d’une deuxième petite fille. Je me souviens précisément du bonheur et – il faut l’avouer – de la fierté que je ressentais à chacune des annonces que nous faisions. Et aujourd’hui, ces souvenirs sont d’autant plus forts qu’ils sont tout ce qu’il me reste du bonheur d’avoir attendu Alice et de tout ce que j’avais imaginer vivre avec elle. En réfléchissant bien, j’ai de nombreux souvenirs de la période de ma grossesse. Surtout depuis ce Noël 2017 qui a marqué encore un peu plus le début de sa vie car elle commençait à exister dans l’imaginaire de tous nos proches.

Avec Alice, j’ai patiné sur la glace, j’ai participé à une séance de musicothérapie, je me suis rapprochée du ciel en montgolfière au Parc du Petit Prince, j’ai cueilli des cerises et j’en ai fait des confitures, j’ai fièrement assisté au spectacle de fin d’année de Noémie lors de sa toute première kermesse.

Et puis j’ai préparé son arrivée. J’ai mis tout mon cœur à faire de sa chambre un doux cocon aux murs jaunes et blancs et aux rideaux étoilés. J’ai rempli sa commode de petits vêtements d’été. J’ai installé son couffin près de mon lit.

Mais parmi les souvenirs qui m’auront le plus marquée, il y a ce moment que j’ai passé dans une piscine d’une station des Alpes au mois de janvier où, dans une eau bien chauffée, j’ai pu nager à l’air libre au milieu des montagnes enneigées. Je n’oublierai jamais l’état de sérénité dans lequel je me trouvais devant ce magnifique spectacle et à l’idée que quelques mois plus tard, je rencontrerais Alice. Et puis il y a eu ce poème lu par le mari de mon amie d’enfance à l’occasion du baptême de leur petit garçon et qui m’avait beaucoup émue :

TON CHEMIN DE LIBERTE – Anne-Laure Fournier Le Ray

Tes yeux auront peut-être la couleur des miens.

Ton sourire ressemblera peut-être au sien.

Mais tu seras unique, et jamais tu ne seras ni moi, ni lui, ni nous.

Nous te dirons ce que nous savons.

Nous t’enseignerons ce que nous croyons.

Mais toi, tu traceras ton chemin, qui ne sera ni le mien, ni le sien,

Mais le tien, ton chemin de liberté.

Enfin, il y a eu ce dernier signe de vie quelques heures avant le dernier battement de son cœur. Ce vif coup de pied qu’elle m’a donné juste avant que je m’endorme et que sur le moment j’ai simplement pris pour un « bonne nuit ». Aujourd’hui, je sais que c’était en réalité un adieu.

Le poète Alain Bosquet a écrit : « Tous les enfants, vous le savez, sont des comètes venues nous rendre hommage au nom d’un autre azur, d’une autre vérité, d’une autre fable. » Je ne le sais aujourd’hui que trop bien…

Joyeux Noël dans les étoiles, mon Alice

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